mardi, 19 octobre 2010
Intervention Podio au Festival du livre de Mouans sartoux 2010 (4)
À propos de À la table de Yasmina de Serge Quadruppani publié aux éditions Métailié
"Les plats se lisent et les livres se mangent." Marcel PROUST
« Les Français seuls savent dîner avec méthode, comme eux seuls savent composer un livre." François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, 1848
Cela se passe dans la Sicile du 11ième siècle, que les Normands ont ravie aux Arabes. La jeune Yasmina, princesse d'al-Khalid, grâce à sa beauté et au charme de ses mets, tente de sauver son frère, le prince Omar, en invitant à sa table le comte Roger Ier qui veut le faire exécuter. Telle Shéhérazade, elle livre, au cours des sept jours des recettes raffinées, évoquant le royaume franc de Sicile qui fut, à l'époque des croisades, un modèle de tolérance et d'humanité.
Né en 1952 dans le Var, Serge Quadruppani vit entre Belleville (Paris) et l’Italie.
Après avoir publié des essais, des enquêtes et deux romans historiques, il a surtout écrit des romans noirs. Il a participé à la création du personnage du Poulpe et au lancement de la collection afférente aux éditions de la Baleine et a créé la collection “Alias” au Fleuve noir.
La Nuit de la dinde a reçu le Prix du roman du Var 2003 et Prix interlycées
Maruzza LORIA est née à Palerme, elle vit à Rome depuis longtemps mais n'a jamais cessé d'aimer son île, d'y retourner et de la parcourir.
Ecrivain et traductrice italienne.
Attachée de presse dans la musique et le théâtre, elle est aussi traductrice d'auteurs français.
Il était une fois... C'est ainsi que pourraient commencer ces Mille et une nuits culinaires. Sept jours d'agapes, d'Histoire et de légendes pour nous faire saliver et voyager. Pendant sept nuits, ou plutôt sept banquets somptueux, la princesse va séduire le Comte par ses talents culinaires, par son intelligence, par sa beauté et par son art de conter.
Et par un transfert délicieux et raffiné, Yasmina élève le comte vers un monde qui lui était inconnu. La brutalité est délaissée au profit de la délicatesse et de la parole
Ces petites histoires sont aussi l'occasion pour les auteurs de nous rappeler la grande Histoire et l'importance du mélange des cultures.
Tout un art de vivre…en Sicile.
Jeanne bastide
15:27 Publié dans Nos activités, Nos ami(e)s écrivent, Nos ami(e)s lisent | Commentaires (0)
Intervention Podio au festival du livre de Mouans Sartoux 2010 (3)
À propos de Une femme drôle de Marilyne Desbiolles publié aux éditions du Seuil
Je ne reviendrai pas sur l’importance de l'œuvre de Maryline Desbiolles, qui se construit depuis plus de dix ans au Seuil, dans la belle collection Fiction & cie dirigée par Bernard Comment, là où, en 1998 et 1999, ont paru La seiche et Anchise, Anchise, qui reçut le prix Femina… en tout une dizaine de romans…
Mais, antérieurement, Maryline Desbiollesavait publié des nouvelles et des poèmes chez d'autres éditeurs, en particulier chez Tarabuste.
Cette fois-ci, c'est aux éditions de l'Olivier que sort ces jours-ci, dans la collection "Figures libres", ce dernier livre, Une femme drôle.
Il ne s'agit pas d'un roman, et pas non plus d'une biographie, c'est effectivement une "figure libre", une figure littéraire libre, construite à partir et autour d'un personnage qui n'est pas un personnage de fiction, mais un être bien réel: il s'agit de Zouc, l'humoriste qui a connu dans les années 70 un très grand succès, qui a fasciné Desbiolles (elle lui a même écrit) et sans doute avant tout parce qu'elle-même, Zouc, est une figure libre, inclassable, irréductible à sa biographie:
Pas une biographie, non, mais, donc, une création littéraire: Des millions de gens ont vu Zouc… mais en écrivant son nom je viens de l'inventer.)…
… une création littéraire dans laquelle un autre personnage, tout aussi énigmatique, surgit dans les détours aussi d'indices biographiques, et ce personnage, qui revendique, lui aussi, le droit à être drôle, c'est Maryline Desbiolles elle-même, révélée à travers des éléments de son enfance, de sa vie familiale…
Le lien entre ces deux figures qui, dans ce livre, s'entrecroisent vient de l’origine suisse de Zouc, révélée par son accent, lequel est un élément de son personnage de scène, dont elle joue constamment, et qui rejoint à s'y méprendre l'accent savoyard qui environne l'enfance de Desbiolles; ce lien impose l'évocation de scènes familiales de la narratrice, et les figures de ses parents et grands parents.
Et c'est pourquoi je crois que le sujet de ce livre, c'est au fond la question de l'identité, comment dire ce que je suis, sans être ramené à de l'artifice, comment dire qui est l'autre, comment me nommer et nommer l'autre en vérité…
Jean-Marie Barnaud
15:15 Publié dans Nos activités, Nos ami(e)s écrivent, Nos ami(e)s lisent | Commentaires (0)
Intervention Podio au festival du livre de Mouans Sartoux, édition 2010 (2)
À propos de MANITUANA de Wu Ming aux éditions Métailié
Wu Ming : Un nom oriental pour un collectif italien de 5 auteurs au départ, 4 actuellement ;
des écrivains actifs dans l’écriture et la littérature populaires, des auteurs de romans qui travaille en totale démocratie puisque non seulement le plan de l’ouvrage est discuté mais chaque chapitre donne lieu à une réflexion collective sur l’écriture, le rôle des personnages etc….
2 mots qui veulent dire beaucoup :
a)« anonyme » en chinois
b)mais selon le ton donné à la 1°syllabe il signifie « 5 noms »
c)mais c’est aussi le nom utilisé par les chinois qui réclament Démocratie et Liberté d’Expression et Manituana illustre cette démarche à de nombreux moments.
d)Enfin, ce serait aussi une référence à la 3°phrase du TaoTeChing « Wu ming… » « n’a pas de nom du ciel et de l’origine… »
Leurs oeuvres collectives ou personnelles sont très marquées par les problèmes du monde contemporain : guerre du Kosovo, l’Afganistan… Ce sont donc des romans qui posent les questions essentielles de notre monde.
MANITUANA
Il y a plein de trouvailles dans la mise en forme de Manituana :
la distribution en 1° page , comme au théâtre !
Les rappels historiques
La citation de Voltaire en exergue
Ce qui est intéressant dans cette démarche narrative c’est que la parole est donnée aux vaincus, les indiens, bien sûr mais aussi les vaincus de la société anglaise, les mauvais garçons.
De plus on va suivre et s’attacher à des personnages, car il n’y a pas un héros, mais plutôt des personnages phares :
**Joseph BRANT, Thayendanega
**son ami, le Grand Diable, Philip Lacroix Ranatheirhonte
**Molly BRANT, bien sûr, celle qui lit les rêves
**Esther qui va suivre sa trace
mais aussi le clan des Johnson qui poursuit l’œuvre d’alliance et d’entente menée par Sir William Johnson
De plus c’est un livre qui nous fait passer de la référence à l’Histoire , aux histoires individuelles, au monde des rêves, à la cruauté, au langage des bas-fonds.
On ne peut pas résumer un tel livre, car il s’étant sur une longue période, il es triche en événements. Mais ce qu’il faut souligner c’est l’accent mis sur la relation qui unissait Sir William Johnson, irlandais, commissaire des affaires indiennes et les chefs de la Longue Maison, c’est-à-dire les 6nations iroquoises représentées par Thayendanaga interprète et chef de guerre aux côtés des anglais.
C’était une relation de respect, de confiance et c’est cela que la guerre va détruire
Les questions soulevées par le roman sont celles liées à tout conflit :
* Quel camp choisir
- Comment arrêter l’avidité, le mépris des colons
- La cruauté qui se déchaîne des 2 côtés
- Comment permettre aux indiens de garder leurs coutumes, leur identité, leurs tere, cette terre où ils ont leurs traditions, leurs rêves ?
- Comment ne pas trahir la confiance, le respect de la parole donnée et ceci est complexe, celle des anglais vis à vis de indiens mais aussi celle du roi vis à vis des commissaires aux affaires indiennes.
Une écriture ciselée, polyphonique qui m’a beaucoup plu car elle joue sur le rythme des phrases, sur les changements de registres. Et chaque variation est liée à la personnalité du protagoniste. Il y a un souffle :
n Grande paix quand on est au début avec les indiens
n --inquiétude avec l’incursion de rêves et le problème de leur signification
n --cahot quand la guerre s’installe et se déchaîne
et la belle trouvaille de l’argot des bas-fonds londonien, (p.222 ) celui qu’Antony Burgess prête à ses voyous dans Orange Mécanique
Mireille Dalmasso
15:13 Publié dans Nos activités, Nos ami(e)s écrivent, Nos ami(e)s lisent | Commentaires (0)

