jeudi, 15 octobre 2009
Annelise Roux, La Solitude de la fleur blanche
Une belle rencontre au dernier festival de Mouans Sartoux que celle avec Annelise Roux et son dernier roman La solitude de la fleur blanche ( Sabine Wespieser) . Un titre énigmatique pour un roman qu’on pourrait dire d’apprentissage puisqu’il s’agit là du récit d’une jeunesse découvrant la littérature et l’écriture tout en menant quête, voire enquête, sur ses origines familiales.Un récit foisonnant où se mêlent les souvenirs d’une famille « pied-noir » échouée dans le Médoc après l’indépendance de l’Algérie et le libre cours d’une « nostalgeria », nostalgie d’une terre que la narratrice n’a pas connue mais qu’elle invente comme l’inventeur invente ses trésors car elle est au plus profond d’elle même.
Une petite fille va grandir dans un environnement hostile à sa famille : grands-parents, parents, rapatriés sans fortune, ballottés au gré d’événements qui les dépassent, travailleurs de la terre, de celle-là comme de celle-ci, repartis dans une autre vie, essayant de se faire accepter dans des lieux qui ressemblent à ceux qu’ils ont quittés. Frustrations, humiliations, sentiment d’être rejetés, vont peser sur cette fillette trop sensible qui par amour et solidarité familiale les prendra à son compte. Si les vivants qui se demandent si souvent « comment peut-on être pied-noir ? » dressent au devant des nouveaux venus des murs d’incompréhension c’est auprès de leurs morts qu’elle va chercher refuge , faisant du cimetière de l’endroit son terrain de jeux et c’est par l’évocation de leurs malheurs et de leurs drames qu’elle tente de se rapprocher d’eux. En vain. Pour gagner leur confiance rien ne vaut,. Pas même le malheur de la perte du père dans des circonstances tragiques.
Nul dolorisme ou apitoiement pourtant, l’émotion est contenue ; l’ironie du ton ou des circonstances rapportées parvient à tenir le lecteur à distance mais en équilibre, entre larmes et sourires. Nulle volonté de règlement de compte ou de revanche non plus.
Une belle écriture, parfois proche de l’écriture poétique, une langue riche qui sait jouer avec les mots, un style brillant de quelques images bien venues…et voilà un récit qui conduit par bien des chemins, vers l’Histoire, celle des « événements »et autres épisodes douloureux de notre temps, vers la Littérature par le truchement de cette narratrice boulimique de lecture depuis son plus jeune âge qui va jusqu’à s’attribuer pour grands-pères, Hemingway et Beckett et deviendra écrivain par tradition familiale donc …vers la Peinture également quand la réalité se décrypte devant une toile : c’est alors que se résout l’énigme du titre, dans la magnifique description d‘un tableau de Van Gogh, quelques pages avant la fin.
Annelise Roux pratique l’art de la digression avec élégance : opère des rapprochements entre personnages ( admirablement campés) et situations fictifs et ceux de la réalité; ses références sont multiples, le lecteur s’y retrouve ou les découvre, il les reçoit comme autant de signes d’invitation à entrer dans une famille de papier, au seuil d’ un monde peut-être mieux compris et par là, en voie de réconciliation.
La rencontre fut belle à Mouans, elle est toujours possible au détour des pages de ce beau roman qui trouve sa juste place chez Sabine Wespieser dans le catalogue d’une maison d’édition exigeante et dans l’attente d’un prochain rendez-vous.
Marie jo Freixe
22:57 Publié dans Nos activités, Nos ami(e)s lisent | Commentaires (1)
Podio partenaire du Festival du Livre de Mouans Sartoux 2009
Podio partenaire du Festival de Mouans Sartoux 2009 : certains de ses membres ont participé à l’animation de rencontres - lectures avec des auteurs présents au Festival :
Jean-Marie Barnaud avec Cécile Ladjali,
Alain Freixe avec Samuel Benchétrit et Claire Legendre,
Marie-Jo Freixe avec Annelise Roux,
Raphaël Monticelli avec Pierre Péju,
Françoise Oriot avec Min Tran Huy,
Yves Ughes avec Christophe Bouquerel , Sorj Chalendon , Philippe Grimbert, Brice Matthieussent, Jean- Pierre Milovanoff .
Vous trouverez des traces de ces rencontres dans les notes de lecture à venir sur ce blog.
22:44 Publié dans Nos ami(e)s lisent | Commentaires (0)
Randonnée poétique le 17 octobre 2009
L'Association Podio en partenariat avec la mairie d'Escragnolles et l'association culturelle "Le Figon" organise une marche poétique et festive de la chapelle Saint Jean (Saint Vallier) au hameau de Rougère.
Départ à 9h15 de Saint-Vallier. Vers 12h, apéritif-lectures au hameau de Rougère!
La poésie mérite bien une marche! "En avant, route"!
22:08 Publié dans Nos activités | Commentaires (0)
Daniel Biga à la Maison de la poésie de Grasse le 16 octobre 2009
Ce sera à 19 heures, à la MAISON DE LA POESIE de GRASSE que l'on pourra rencontrer Daniel BIGA.
Prenez par exemple une carte du Tendre mais réinventée, conçue dirions-nous entre Mer Dangereuse et Terres Inconnues. Vous y situez des villes essentielles: le lieu-dit Poésie, celui qui jouxte la cité Vie. Après quoi, comme dans un processus d’intercommunalité mentale, vous les fusionnez; vous serez alors amené à visiter PoéVie. Toutes les routes, chemins vicinaux, autoroutes y conduisent.
40 ans de poésie, tel est l’acquis intact de Daniel Biga… et comment donc les dire, si ce n’est par des incursions en son territoire, incursions mais riches du chemin partagé, du pain pétri et donné, de l’un à l’autre.
yves ughes.
renseignement : 04 93 70 35 76
16:26 Publié dans Nos activités | Commentaires (0)

